Jeudi 31 juillet 2008 4 31 07 2008 10:44



Hier soir je suis allée voir A..., mon amie d'enfance. On a parlé comme on ne l'avait pas fait depuis longtemps, ça fait du bien. Vous savez, une de ces discussions qui vous donne envie de prendre confiance. Je lui ai parlé de B..., cet ami qui semble ne plus vouloir m'adresser la parole, sans que je sache pourquoi. Mais il m'a déçue, beaucoup. J'avais cru qu'on était vraiment proches tous les deux, et là il me traite comme si j'étais une vague connaissance à qui on envoit un texto rapide pour se débarasser. Je n'ai déjà pas beaucoup d'amis, et ça me fait mal de voir que je compte si peu pour lui, alors que c'est l'une des rares personnes à qui j'ai osé m'ouvrir un peu.

Après être partie de chez A... je lui ai envoyé un texto de reproches. Je n'avais pas osé le faire jusqu'ici de peur d'être nulle et puérile. Mais là j'ai décidé que ça m'était égal d'être nulle et puérile. Peut-être bien que je le suis, mais je suis aussi en colère contre lui et j'en ai assez de refouler mes sentiments, d'essayer de tout relativiser et d'être mature. D'ailleurs ce n'est même plus de la maturité, j'en suis venue à m'effacer pour éviter de contrarier ou de faire de la peine aux autres. Le résultat c'est que j'en souffre plus qu'autre chose. Et je décide que j'ai le droit d'être en colère.
Mais toute cette histoire aura eu au moins un aspect positif. En fait B... et moi sommes sortis ensemble, pendant peu de temps c'est vrai, il n'empêche que pour moi c'était important, parce qu'il était mon ami et parce que on avait tous les deux beaucoup misé sur notre histoire. Il se trouve que pour différente raison ça n'a pas vraiment fonctionné, mais là où on a eu de la chance c'est que notre amitié a malgré tout survécu, du moins je le croyais. Et jusqu'à récemment je me demandais si j'éprouvais encore des sentiments pour lui, et aujourd'hui je m'aperçois que c'est l'ami qui me manque le plus. Oui, il me manque et je le déteste d'autant plus de me faire ça. Je pense que si jamais il ne me répond pas, ne me parle toujours pas je finirais par lui envoyer un mail avec tout ce que j'ai sur le coeur. Mais bon ça, je ne sais pas si j'en aurais le courage.
En tout cas il m'a répondu, une réponse qui ne m'a pas vraiment plus d'ailleurs. Apparemment il n'a pas de temps pour moi. Me voilà reléguée au rang de vague connaissance à qui on dit un petit bonjour quand on a vraiment rien d'autre à faire. Il vit pleinement sa vie comme il le dit, et il semblerait que je n'en fasse pas partie. Envie de fondre en larmes et de disparaître. J'ai peu de piliers qui me tiennent encore debout et l'un d'eux vient de m'abandonner. Je m'écroule.



Marre de n'être qu'un objet "utile", marre d'être celle qu'on peut bazarder sans remord, marre d'être jetée, marre d'essayer d'être une bonne amie pour des personnes qui n'en valent pas la peine, marre de m'attacher à des gens pour qui je compte si peu en réalité.
Je me rends compte que l'amitié ce doit être plus et mieux que ça. Mais je perds espoir malgré moi, je n'y arrive pas, je n'y arrive plus. Je tombe sans personne pour me rattraper dans ma chute. Je vais m'écraser au sol, c'est ce qui doit arriver, pas vrai? C'est ce qui va arriver. Au secours...


Par Lili
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Jeudi 24 juillet 2008 4 24 07 2008 18:14


De retour après une semaine de vacances en famille en Espagne. Ce séjour m'a fait l'effet d'une bouffée d'air frais, m'éloigner de ma maison, de ceux que je connais, des soucis du quotidien souvent trop présents. Surtout, pour la première fois depuis longtemps j'ai eu l'impression d'avoir une relation totalement saine avec la nourriture. Je mangeais quand j'avais faim, je pouvais m'arrêter quand je n'en avais plus envie. Pas de prise de tête, pas de crise de nerfs. Je me suis surprise à penser, que peut-être j'arriverais à me contrôler une fois rentrée chez moi. Evidemment ça n'a pas duré, sans compter que visiblement un de mes meilleurs amis (et ex par la même occasion) n'a plus vraiment envie de me parler. Et je suis trop fatiguée pour lui courir après à coup de textos et de mails, je commence à en avoir assez qu'on me tourne le dos sans raison. Je crois que j'ai rarement eu autant besoin de soutien. J'ai chaque jour l'impression de me prendre des claques, je n'ai même plus la force de me battre contre la dépression. De toute façon, si même mes plus proches amis s'en fichent, à quoi bon?

J'ai jamais eu aussi peur d'être abandonnée, de me retrouver seule et oubliée. Je crois que c'est pour ça que je n'ose jamais me mettre en colère contre les autres, parce que j'ai trop peur qu'après ils m'abandonnent. Les seules personnes avec qui j'ose, ce sont les membres de ma famille, parce que je sais que même si je suis insupportable ils ne me laisseront pas. Quand je rentre chez moi le soir je suis toujours attendue, et ça ça ne changera pas. C'est vraiment quelque chose à quoi je m'accroche et je me rend compte que j'en ai vraiment besoin. C'est vrai qu'ils sont loins d'être parfaits et que la plupart du temps je souhaiterait vivre seule, mais ils m'aiment et c'est ça qui me réchauffe le coeur, le fait de me sentir aimée. C'est con pas vrai? Mais c'est comme ça. Je suis toujours surprise quand quelqu'un montre qu'il m'apprécie, j'ai souvent du mal à y croire. IL faut dire que je n'ai jamais vraiment eu confiance en moi, la plupart du temps je me sens nulle et insignifiante. C'est vrai que c'est pas très agréable pour mon entourage, sans doute parce que ça peut passer pour de la fausse modestie mais je peux vous assurer que ce n'est pas le cas.


"I'll do Anything for You,
Anything You want Me to..."


Je voudrais quelqu'un qui m'aime pour rien d'autre que ce que je suis.
Quelqu'un qui tienne à moi et qui me protège...
Quelqu'un qui croit en moi,
Qui soit toujours là pour moi.
Avec qui je me sente moi-même...
... Juste quelqu'un qui m'aime...


Par Lili
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Mardi 8 juillet 2008 2 08 07 2008 18:28

On dit souvent de moi que je suis quelqu'un de discret, pas du genre à être la fille à problème. Je ne suis pas le genre de personne qu'on remarque, plutôt de celle qu'on bouscule "Oups, excuse je t'avais pas vue". Je crois que c'est à peu près comme ça que tout le monde me voit. Alors il ne vient à l'esprit de personne d'aller chercher plus loin.
Mais peu importe, qu'est-ce que ça changerait de toute façon? Je suis la fille invisible, celle qui souffre en silence, de la douleur à l'état pur.
A l'intérieur de toute façon, il n'y a que du vide.
Absence de vie, absence d'existence.
Je ne suis que le pâle reflet du néant.
Alors je me remplit comme je peux pour essayer de combler ce vide. Dans la glace je vois mon corps changer, évoluer indépendemment de mon âme jusqu'à ce qu'il n'ait plus rien à voir avec la personne que je suis. Tout ça me dégoûte, je me dégoûte.
Je suis le silence.
Je tais mes maux, je tais mes blessures.
Mes coupures sont en sécurité sous des bracelets et des manches longues, mes larmes dissimulées derrière mon sourire. Un sourire figé, qui sonne faux, poupée de cire. Mais qui le verrait, qui pourrait s'intéresser à un coquille vide? Je peux toujours tenter de faire illusion en me remplissant, en me donnant une consistance. Mais je hais tout ça, je hais cette bouffe qui me transforme jour après jour et fait de moi un monstre.
Je hais mon silence alors que je voudrais hurler ma douleur et vomir ma souffrance. Je me hais.




Lorsqu'on parle de suicide, on pense presque toujours à la mort physique. Mais le corps n'est pas seul. Lorsque l'on cesse d'exister, de vivre, lorsqu'on se coupe du monde, l'esprit et l'âme s'éteignent. Le corps seul continue de respirer mais le reste n'est plus. Vivre ne se résume pas aux seules fonction vitales, c'est aussi exister tout simplement. Non ce n'est pas simple. Après avoir passé deux ans et demi coupée du monde, deux ans et demi à me détruire, comment réussir à réintégrer le monde des vivants? J'ignore si j'en ai jamais fait partie. J'ai une peur dévorante de tout donner pour faire partie d'un monde dont je me sens étrangère et qui ne voudra sûrement pas de moi. Mais ai-je vraiment le choix? C'est ça ou me laisser partir, laisser mon pauvre corps porté au gré de la tempête, sachant pertinemment quelle en sera l'issue.

Je m'appelle Lili, j'ai 19 ans et je ne veux pas mourir





Par Lili
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  • : Bulle de Citron
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  • : 08/07/2008
  • : Etrangère dans un monde qui semble ne pas me voir, je m'envole au-dessus du monde. Espérant me libérer de toute cette noirceur qui m'a envahie, je me réfugie dans ma bulle...
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